A Nizamuddin West, le jeudi, c’est Qawwalî

Plongée au choeur du quartier musulman, un soir de fête religieuse.

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18h30, Nizamuddin West. Comme tous les jeudis, la Dargâh fourmille. Une fois le porche du mausolée soufi franchi, un village parallèle s’ouvre au visiteur. Il faut trouver sa voie dans un dédale de couloirs parfumés d’encens, entre échoppes, marchands de pétales de rose et mendiants.

Le flot de croyants débouche pieds nus sur une cour ouverte. Au centre trône le mausolée de Nizamuddin Auliya, grand saint du soufisme indien du XIIIe siècle. Autour, les fidèles prient, femmes d’un côté, hommes de l’autre. Puis, tous se lèvent pour céder la place au Qawwalî, chant de louanges à Allah, pratiqué chez les soufis d’Inde et du Pakistan. Dans l’agitation, quelques touristes se mêlent aux musulmans. Il faut jouer des coudes pour apercevoir les chanteurs et leurs instruments.

Lorsque les premiers chants s’élèvent dans le ciel indien, la foule hétéroclite s’installe à même le sol carrelé du mausolée. Assis en tailleur, les chanteurs improvisent pendant une heure ou deux, comme chaque jeudi. Certains fidèles défilent devant le groupe pour déposer quelques roupies. Depuis la salle des lamentations située derrière les Qawwal, des cris de femmes s’élèvent et se mêlent aux chants de dévotion. Les yeux rivés sur les musiciens, les spectateurs sont envoûtés par cette nuit delhiite.

Colin FOLLIOT, Martin GABRIELS et Sabine HERVY

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